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L’information psychiatrique, Automne 2000

LES PERSONNES SOUFFRANT DE TROUBLES MENTAUX SÉVÈRES ET PERSISTANTS

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Éditorial

J. Azoulay, À propos de la notion de désorganisation, p.13


Dossier : Les personnes souffrant de troubles mentaux sévères et persistants

V. Kapsambelis, Généalogie de la désorganisation, p.15

L’observation de mademoiselle Y.

L. Muldworf, S. Gauthier, Remarques sur la désorganisation psychotique et sur l’organisation des soins, p.32

M.-N. Félix, C. Vermerch, Le quotidien des infirmiers avec Mademoiselle Y. lors de sa longue hospitalisation, p.46

V. Souffir, Économie relationnelle et traitement institutionnel, p.51

S. Gauthier, Contacts et investissements fragmentés dans les psychoses graves. Un mode de réorganisation d’une réalité et d’un moi. Un aspect constant dans leur traitement, p.56

B. Odier, Construire le regard et instituer l’écoute face aux désorganisations durables, p.72

D. Ribas, À l’aube de l’organisation psychique, théorisations de ses pathologies, p.84

Conclusion

G. Pragier, De nouveaux paradigmes pour figurer la désorganisation psychique, p.96




Généalogie de la désorganisation
V. Kapsambelis

Depuis le rationalisme hippocratique, la maladie apparaît comme une désorganisation morbide, la "pathologie" étant la construction théorique qui vient révéler son ordre caché. À partir du XIXe siècle, la notion de désorganisation acquiert un sens plus spécifique grâce, d’une part, aux travaux de Jackson repris par H. Ey, d’autre part, à la notion d’atypicité qui apparaît comme une désorganisation non pas du patient mais de la pathologie elle-même. Cette deuxième direction d’étude de la désorganisation trouve son application dans la notion de schizophrénie, à partir des travaux de Kraepelin, de Bleuler et de Chaslin. Dans une perspective métapsychologique, la désorganisation pourrait devenir l’agent contre-transférentiel qui révèle une insuffisance de la théorie.

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Remarques sur la désorganisation psychotique et sur l’organisation des soins
L. Muldworf, S. Gauthier

L’histoire clinique de cette patiente pendant une dizaine d’années de traitement permet de poser quelques repères sur l’organisation des soins psychiatriques face à un état durable de désorganisation psychotique. La complexité de son parcours institutionnel illustre les aménagements successifs de son besoin de dépendance et d’étayage. Un exposé par les infirmières et une réflexion sur les hypothèses structurales complètent cette présentation.

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Contacts et investissements fragmentés dans les psychoses graves. Un mode de réorganisation d’une réalité et d’un moi. Un aspect constant dans leur traitement
S. Gauthier

L’auteur analyse les contacts répétitifs et limités des malades psychotiques graves avec l’appareil de soins : ils correspondent à des échanges fragmentés et sont situés entre désorganisation et réorganisation psychique. Leur expression suppose une réponse adaptée de l’environnement soignant. Très déconcertants ou décourageants, ces contacts protègent pourtant des détériorations graves classiques. La psychopathologie psychanalytique est indispensable pour décrire leur dynamique. L’auteur analyse ces contacts dans la dynamique des processus psychotiques, et dans leur structure interne.

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Construire le regard et instituer l’écoute face aux désorganisations durables
B. Odier

Face aux désorganisations durables, la poursuite de l’hospitalisation n’est plus aujourd’hui la seule réponse disponible. La multiplication et la diversification des institutions à temps partiel a conduit à des prises en charge réparties sur plusieurs pôles de soins. Ces traitements éclatés se révèlent avoir sous certaines conditions une valeur paradoxalement organisante. En instituant des solutions de continuité, un recul est créé qui permet le regard. Lorsqu’il peut s’imaginer lui-même, ce regard est à son tour organisateur et transformateur. Ce mode de constitution de la clinique subvertit la notion d’observation. Un renfort théorique est recherché du côté de la physique contemporaine et des théories de la complexité.

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À l’aube de l’organisation psychique, théorisations de ses pathologies
D. Ribas

D. Meltzer a proposé dans l’autisme infantile la notion de "démantèlement". Winnicott pour sa part s’est beaucoup attaché à la clinique de la non-intégration. Il en résulte un clivage du self différent du clivage du moi décrit par Freud dans le fétichisme. M. Klein ne réfute pas l’hypothèse au tout début de la vie d’un phénomène passif ; elle suit ainsi Ferenczi qui pensait que dans des circonstances défavorables "le moi tombe en morceaux". L’auteur propose de confronter sa compréhension de ces notions avec les problématiques psychosomatiques et psychotiques.

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