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Volume XXIII, Numéro 2, Automne 1998

LE SUIVI COMMUNAUTAIRE

Éditorial

Daniel Gélinas , Le suivi dans le milieu de vie des personnes, p. 7

Dossier : Le suivi communautaire

Daniel Gélinas , Points de repère pour différencier la gestion de cas de suivi intensif dans le milieu auprès des personnes souffrant de troubles mentaux graves, p. 17

Catherine Vallée, Natacha Courtemanche, Thierry Boyer, Au-delà des assises conceptuelles - Illustration d’une pratique de suivi communautaire en équipe, p. 48

Jennifer Pyke, Louise Nimigon, Vaughn Robertson, Le Community Resources Consultants de Toronto : deux programmes de case management, p. 70

Mario Poirier, Birgit Ritzhaupt, Suzanne Larose, Diane Chartrand, Case management : Le modèle de l’Ouest de l’Île de Montréal, p. 93

Mary Ann Test , Modèles de traitement dans la communauté pour adultes ayant des maladies mentales graves et persistantes, p. 119

Giuseppe Dell’Acqua, Massimo Marsili, Paola Zanus, L’histoire et l’esprit des services de santé mentale à Trieste, p. 148

Mosaïques

André Marchand, Marie-Hélène Dion, L’impact de différents niveaux d’anxiété sociale sur l’efficacité d’un programme d’un traitement cognitivo-comportemental du trouble panique avec agoraphobie, p. 171

Jean-Gabriel Ouango, Kapouné Karfo, Moussa Kere, Marcelline Ouedraogo, Gisèle Kabore, Arouna Ouedraogo, Concept traditionnel de la folie et difficultés thérapeutiques psychiatriques chez les Moose du Kadiogo, Burkina Faso, p. 197

Michael McCubbin, David Cohen, Les droits des usagers de services en santé mentale : le nœud étroit du pouvoir, de la loi et de l’éthique, p. 212

Magali H. Dufour, Louise Nadeau, L’efficacité des programmes de prévention de la toxicomanie axés sur les familles, p. 224

Événements régionaux

Diane Larose, Région des Laurentides, p. 246

Line Leblanc, Région de l’Outaouais, p. 252

Pierre-Paul Parent, Région du Bas St-Laurent, p. 254




Points de repère pour différencier la gestion de cas du suivi intensif dans le milieu auprès des personnes souffrant de troubles mentaux graves
Daniel Gélinas

L’auteur propose une synthèse des éléments essentiels qui permettent de différencier la gestion de cas du suivi intensif dans le milieu pour les personnes souffrant de troubles mentaux graves.En situant le développement de ces deux approches dans leur contexte social, l’auteur identifie les points de repère qui permettent de les distinguer à la fois au plan conceptuel et pratique. Cet exercice permet de dissiper la confusion répandue dans les écrits et d’outiller les cliniciens afin qu’ils puissent identifier les modèles les plus appropriés pour répondre aux besoins de leur clientèle.Cela implique de prendre en considération les caractéristiques du système dans lequel ils interviennent car sa configuration exerce une influence considérable sur leur travail.

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Au-delà des assises conceptuelles Illustration d’une pratique de suivi communautaire en équipe
Catherine Vallée, Natacha Courtemanche, Thierry Boyer

Les auteurs proposent un survol de la pratique du suivi communautaire, à partir de ses valeurs, de ses fonctions inhérentes, de façon générique. Allant au-delà des différents modèles de pratique, ils cherchent à illustrer ce qui distingue ce suivi des autres services externes ou dans la communauté. Ils en présentent ensuite l’actualisation au Service d’Accompagnement et de Soutien Communautaire (SASC) du Centre hospitalier Pierre-Janet. Une vignette, écrite avec une usagère, illustre les aspects quotidiens et cliniques, tandis que les aspects structuraux et organisationnels sont discutés en lien avec l’organisation régionale des services de santé mentale.

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Le Community Resources Consultants de Toronto : deux programmes de case management
Jennifer Pyke, Louise Nimigon, Vaughn Robertson

Cet article décrit deux programmes bien établis de case management qui ont été développés en réponse aux lacunes identifiées au sein du système de soins de santé mentale à Toronto. Le case management y est défini ainsi que la place qu’il occupe au sein du système de soins en santé mentale. On y décrit aussi la philosophie des programmes, comment elle est appliquée au niveau organisationnel et dans la dispensation des services. Des vignettes illustrent ensuite le travail quotidien des case managers et soulignent l’importance de la relation de partenariat avec l’usager.

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Case management : Le modèle de l’Ouest de l’Île de Montréal
Mario Poirier, Birgit Ritzhaupt, Suzanne Larose, Diane Chartrand

Des impératifs socio-économiques et la nécessité de retourner dans leur milieu des clientèles autrefois longuement hospitalisées ont contribué à l’émergence de nouvelles pratiques. Le Case Management permet d’intervenir en impliquant les réseaux naturels et professionnels d’aide. Plusieurs variantes de ce modèle existent mais elles sont souvent difficiles à implanter ou à gérer. Le modèle développé dans l’Ouest de l’Île de Montréal propose une gestion souple, ouverte et décentralisée, fait une place importante à l’apport du client, et il a la particularité de privilégier la concertation entre tous les partenaires.

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Modèles de traitement dans la communauté pour adultes ayant des maladies mentales graves et persistantes
Mary Ann Test

L’auteure identifie trois modèles de soins et de suivi des personnes aux prises avec des troubles mentaux graves dans la communauté. Il s’agit du modèle PACT (Program of Assertive Community Treatment) qu’elle a développé historiquement avec ses collègues de Madison (Wisconsin), des clubs psychosociaux et des nouveaux programmes gérés par les usagers. Elle propose une description des principales caractéristiques de ces modèles et des résultats de la recherche quant à leur efficacité pour répondre aux besoins des personnes suivies. Enfin, elle en dégage les implications pour la formation en travail social, ces modèles partageant des méthodes et des valeurs communes avec cette discipline.

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L’histoire et l’esprit des services de santé mentale à Trieste
Giuseppe Dell’Acqua, Massimo Marsili, Paola Zanus

Les auteurs décrivent l’évolution des services de santé mentale mis en place à Trieste en Italie au cours des 25 dernières années. Ils identifient les principes qui ont conduit à la transformation institutionnelle et au remplacement de l’hôpital psychiatrique traditionnel par une organisation complète de services répartis sur le territoire de Trieste. En cernant l’esprit qui a présidé à ces transformations, ils brossent un tableau complet de la gamme de services offerts de nos jours. Enfin, bien que l’expérience réalisée à Trieste soit liée aux conditions sociales et historiques qui ont favorisé son émergence, les auteurs dégagent des principes généraux pour orienter et transformer la pratique de la psychiatrie communautaire.

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Comorbidité du TPA : L’impact de différents niveaux d’anxiété sociale sur l’efficacité d’un traitement cognitivo-comportemental du trouble panique avec agoraphobie
André Marchand, Marie-Hélène Dion

Cette recherche vise à évaluer chez des individus ayant un diagnostic primaire de trouble panique avec agoraphobie, et ne répondant pas au diagnostic secondaire de phobie sociale, la présence ou non de différents niveaux d’anxiété sociale. L’étude évalue également l’impact de cette comorbidité symptomatique sur l’efficacité de deux modalités de traitement cognitivo-comportemental, soit un traitement autodirigé et un traitement dirigé par le thérapeute. Elle tente de déterminer si l’application d’un programme de traitement cognitivo-comportemental du trouble panique avec agoraphobie influence positivement ou négativement les niveaux d’anxiété sociale présents. D’autre part, elle évalue si les niveaux d’anxiété sociale influencent l’efficacité du traitement cognitivo-comportemental quant à la symptomatologie agoraphobique. L’échantillon comporte 51 personnes (26 dans un traitement dirigé et 25 dans un traitement autodirigé) ayant un trouble panique avec agoraphobie selon les critères du DSM-IV. On constate une répartition relativement équivalente d’individus avec un trouble panique avec agoraphobie présentant de l’anxiété sociale à un niveau faible, modéré ou élevé, pour les deux groupes de traitement. En outre, on note une amélioration significative non seulement des symptômes du trouble panique avec agoraphobie, mais également des symptômes d’anxiété sociale. Il y a moins de participants avec des niveaux d’anxiété sociale élevée et modérée après le traitement. Les deux modalités de traitement sont équivalentes quant à leur efficacité. Finalement, les résultats indiquent très partiellement que les niveaux élevés et modérés d’anxiété sociale exercent possiblement une influence négative sur l’efficacité de traitement du trouble panique avec agoraphobie tel que mesuré par certaines composantes du trouble. Les conséquences relatives à cette comorbidité symptomatique ainsi que les explications possibles des différents impacts de cette comorbidité sur l’efficacité du traitement sont discutées.

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Concept traditionnel de la folie et difficultés thérapeutiques psychiatriques chez les Moosé du Kadiogo
Jean-Gabriel Ouango, Kapouné Karfo, Moussa Kere, Marcelline Ouedraogo, Gisèle Kabore, Arouna Ouedraogo

L’exercice de la psychiatrie en Afrique au Sud du Sahara se heurte à de nombreux problèmes d’acceptabilité des soins par les malades et leurs familles. Le rejet fréquent de la démarche thérapeutique des psychiatres s’explique peut-être par l’inadaptation de l’approche étiopathogénique. En effet, en Afrique Noire, les responsables des maladies différent selon qu’on a été à l’école ou non. L’école occidentale apprend aux minorités qui ont la chance d’y aller ou de l’approcher que le corps humain peut être agressé par des bactéries, des virus, des mycoses ou autoagressé par des modifications de sa propre physiologie. L’éducation traditionnelle, quant à elle, fait du corps une entité mystérieuse susceptible d’être pénétrée ou mangée par les génies et les sorciers anthropophages, suivant un mécanisme mystico-religieux lié aux croyances et coutumes. Chez la majorité des Moosé du plateau moaga du Burkina Faso, ces agresseurs sont des génies ancestraux ou des génies de brousse, en particulier dans le domaine de la folie. L’explication de la souffrance psychologique par un conflit familial, social ou intrapsychique indépendant du monde invisible est à la limite délirante pour eux, provoquant ainsi leur résistance à la prise en charge psychiatrique complète de ces malades. Une analyse des causes probables de cette résistance nous a paru nécessaire. À l’aide d’interviews, elle nous a montré que l’institution psychiatrique est vécue par les Moosé du Kadiogo comme une étape dans l’itinéraire thérapeutique de leurs malades mentaux, étape au cours de laquelle leur demande de soins se réduit à la suppression du symptôme qui dérange. Pour eux, la suppression de la cause relève d’un savoir que ne possède pas le psychiatre, ce qui rend la relation thérapeutique frustrante de part et d’autre.

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Les droits des usagers de services en santé mentale : Le nœud étroit du pouvoir, de la loi et de l’éthique
Michael McCubbin, David Cohen

Depuis un quart de siècle, au Québec comme ailleurs en Occident, les patients psychiatriques sont devenus des « usagers » ou des « consommateurs », et des mesures législatives et administratives se sont développées présumément pour que ce changement ne soit pas purement symbolique. Cet article suggère que pour les usagers qui en ont le plus besoin, les « droits » restent aussi symboliques que le changement de terminologie. Les droits donnés par la loi sont sans substance si ceux à qui elle les accorde n’ont pas les moyens de les exercer. Une préoccupation pour les droits des usagers doit se pencher inévitablement sur le manque de pouvoir subi par les usagers à l’intérieur du système de santé mentale et du système juridique. Le manque de recherches dans ce domaine est évident. Il est impératif et urgent de se pencher sur la manière dont les droits sont vécus par les usagers.

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L’efficacité des programmes de prévention de la toxicomanie axés sur les familles
Magali H. Dufour, Louise Nadeau

Cette recension des écrits examine l’efficacité de programmes de prévention des toxicomanies auprès des familles. De nombreux travaux soulignent le rôle déterminant des familles dans la transmission des habitudes de consommation. De plus, selon plusieurs intervenants, la famille constitue un milieu propice pour l’instauration de tels programmes de prévention. Cet article propose une analyse critique de ces programmes. Sont présentés les facteurs de risque liés à l’abus de substances chez les jeunes, puis les programmes visant la famille dont la stratégie est l’information, ceux qui font appel à des stratégies multiples et ceux qui visent les parents les plus à risque. Une critique méthodologique des études évaluatives est présentée. Les auteurs concluent par des recommandations.

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