La Chaire de Schizophrénie a été créée
en mai 2003 dans le contexte de la création des chaires de recherche
au Canada. Sous l’initiative des fondations hospitalières
des hôpitaux Sacré-Cœur de Montréal et Louis-H
Lafontaine, et de leurs département de psychiatrie, une charte
fut établie avec le fonds de développement de l’Université de
Montréal afin de créer des liens avec un partenaire industriel
au Canada, s’inspirant en cela des chaires de dotations
et de capitalisation. Ce fût la compagnie Eli Lilly
Canada qui concrétisa cet effort en apportant un capital dédié à la
recherche sur la schizophrénie. Ce montant fût accompagné par
celui des deux fondations hospitalières. Pour sa part, l’Université de
Montréal apporta une contribution importante pour la gestion,
l’apport d’un poste académique et la validation
d’une Charte de la Chaire qui garantit une indépendance
intellectuelle et scientifique à son titulaire à l’égard
des activités scientifiques.
Nommé titulaire de la chaire, je fixai les orientations de recherche clinique
basées essentiellement sur l’axe directeur et élargi de la
cognition, proposai la création d’un comité scientifique
composé de chercheurs et de cliniciens nationaux et internationaux.
Chaque année, je dois aussi rendre compte de la gestion et des orientations
budgétaires devant un comité de gestion universitaire. Depuis sa
création, les activités de la chaire sont publiées
dans un rapport annuel disponible sur le site du centre de recherche Fernand-Seguin
(www.hlhl.qc.ca/crfs/). L’argent dépensé finance des projets
de recherche, des projets de formation à la recherche clinique et
de soutien aux jeunes chercheurs, des bourses d’été et postdoctorales
ou de fellowship.
Une journée scientifique annuelle fut organisée, accompagnée
d’une journée de retraite. À la fin de mai 2006, nous avons
réuni un certain nombre de chercheurs et d’étudiants pour
deux jours, dans un endroit à l’abri des vicissitudes de la vie
urbaine, pour permettre des échanges scientifiques autour des études « qui
comptent » ou des champs de recherche qui bousculent. Comme la chaire est
impliquée intrinsèquement dans le transfert des connaissances,
il nous est apparu pertinent de publier ces rencontres de Windigo afin de renforcer
ce lien entre la réflexion clinique et les activités de recherche
autour de la schizophrénie. Le lieu de Windigo (www.lewindigo.com)
est un lieu mythique comme nous le rappelle l’anthropologue de ce numéro
; il est ainsi tout à fait propice à parler de nos craintes, de
nos mythes de chercheurs, de nos doutes sur les résultats, de nos visions
optimistes et naïves. Ce lieu nous a torturé à ce moment de
l’année où les maringouins sont hypomaniaques et gourmands,
obligeant au refuge ou à l’évasion sur le lac Baskatong,
traversé par la rivière Gatineau. À côté de
ces échanges scientifiques, le lieu a opéré pour que l’ambiance
des échanges soit révélatrice de ces amitiés « qui
comptent » et qui bousculent. La schizophrénie réclame
parfois des moments de poses réflexives. Je crains la pensée
dogmatique et je voudrais y remédier en élargissant les passerelles,
quitte à prendre certains risques d’homogénéité.
Vous en avez ici un exemple. Merci aux auteurs de tout ce travail. Merci aux
réviseurs externes.
* M.D., Hôpital
Louis-H. Lafontaine, Centre de recherche Fernand-Seguin.