Printemps 2008
Le volume 17, numéro 1 bientôt en librairie

filigr@ne est un site Web consacré à la psychanalyse. Il se veut un complément à la revue filigrane et vise surtout à favoriser les échanges et le dialogue avec les lecteurs.

Printemps 2004
PRÉSENTATION
Les voies du contre-transfert

hélène richard
françois daoust

   L'écoute de son patient dans la rencontre psychanalytique amène l'analyste/le thérapeute à être affecté par des phénomènes contre-transférentiels. La dimension inconsciente de ces derniers serait inaccessible au clinicien s'il ne s'était entraîné à devenir sensible aux mouvements contre-transférentiels qui le traversent durant la rencontre clinique. Sensibilité nécessaire, car le contre-transfert peut s'avérer un obstacle tout autant qu'un levier à la compréhension des processus psychiques. Quelle est donc la nature du travail qu'effectue le clinicien à partir des manifestations contre-transférentielles ? Voilà la question que Filigrane a posée pour vous à ses auteurs.

   Par quelles voies le contre-transfert se manifeste-t-il au thérapeute/analyste ? Comment ce dernier en vient-il à repérer et à identifier les différents mouvements contre-transférentiels qui l'habitent ? Ces derniers n'ont-ils pas tendance à se manifester d'une façon imprévue qui passe inaperçue ? Par quels chemins, par quelles trajectoires ces mouvements arrivent-ils à se faire percevoir, symboliser puis représenter dans le psychisme du clinicien ? 

   Les différentes voies d'accès au contre-transfert donnent lieu à des manifestations innombrables. Comment ces voies et leurs manifestations peuvent-elles constituer des outils d'exploration de la relation transférentielle et du fonctionnement intrapsychique  du patient, lui dont la rencontre et l'écoute induisent de tels phénomènes chez le clinicien ? 

   Dans ce premier volet du dossier " Les voies du contre-transfert " que constitue le numéro Printemps 2004, les auteurs ont répondu de la façon suivante.

    Dans un bel article : Le destin de l'inconnu entre transfert et contre-transfert, Jean Guillaumin montre comment les voies du transfert et du contre-transfert se manifestent dans le cadre d'un travail en double où intervient l'opération essentielle de l'interprétation, le langage y fonctionnant comme un tiers. Pour l'auteur la disjonction du transfert et du contre-transfert est arbitraire, mais elle se rend utile en permettant, via le contre-transfert, de développer cette problématique du tiers inconnu. 

   Dans Un fantasme contre-transférentiel révélateur ou le satyre et moi, Louise de Urtubey retrace sa conception du contre-transfert et s'attache à la description de fantasmes noyaux de la situation psychanalytique, dont l'élucidation  permet la résolution des conflits principaux. Elle présente ensuite une vignette clinique où un fantasme contre-transférentiel se révéla contenir le noyau principal de la cure et dont l'élucidation amena la résolution des conflits du patient.

   Pour sa part, Lorraine Boucher, dans un texte inspirant : Psychanalyste sans frontières. Psychanalyste en institution et contre-transfert, décrit le prix à payer pour le dur désir de durer comme psychanalyste dans des milieux institutionnels pour enfants où la réalité extérieure et l'urgence d'agir occupent l'avant-scène.

    Quant à Vital Vézina, dans Un lion dans la jungle. Contre-transfert, traumatisme et relation objectale, il remonte le cours historique du concept de contre-transfert et, par l'articulation inconscient/traumatisme, montre l'importance grandissante accordée à l'objet-analyste. L'auteur en arrive à une définition contemporaine qui présente le contre-transfert comme un outil essentiel à l'atteinte des couches archaïques du psychisme. Suit une vignette du travail clinique avec une patiente présentant un noyau autistique, qui illustre le propos de Vézina en montrant l'amorce d'un travail de réappropriation psychique.

   Puis, dans un article évocateur, La séance et l'écriture : la trame d'une double scène au fil du temps, Françoise Seulin choisit d'explorer le travail d'écriture, après les séances de travail avec une patiente, comme voie d'expression du contre-transfert. À partir " d'un insensé de mots " jetés sur le papier tels des agirs et des pare-excitations, la narration d'un conte se construit pendant que se met en place une réorganisation topique chez la patiente.

   Enfin, dans un article au titre accrocheur : Mais qu'attendez-vous de moi ?, Nicolas Peraldi montre combien peut se révéler problématique la définition classique du contre-transfert, figée dans un clivage patient- transfert/thérapeute-contre-transfert. Dans le cadre du dispositif particulier à sa pratique auprès d'adolescents pris en charge par l'Aide Sociale - qui fait écho aux enjeux du cadre de travail décrit par Lorraine Boucher -, il semble à l'auteur souvent fécond d'utiliser la notion traditionnelle de contre-transfert comme une manifestation transférentielle du clinicien envers le sujet adolescent.

   Dans ce premier volet du dossier " Les voies du contre-transfert ", les auteurs mettent donc en relief la scène transféro-contre-transférentielle de l'archaïque où agissent le double, l'agir, la fusion, le réel, et où le tiers interprétatif, selon la qualité de son écoute, crée un effet de clivage ou de réappropriation symboligène.

 

Écoutes thérapeutiques
C.P. 548, succ. Place d'Armes
Montréal, Québec. H2Y 3H3 Canada
tél. (514) 523 0607
fax. (514) 523 0797
rsmq@cam.org