Printemps 2008
Le volume 17, numéro 1 bientôt en librairie

filigr@ne est un site Web consacré à la psychanalyse. Il se veut un complément à la revue filigrane et vise surtout à favoriser les échanges et le dialogue avec les lecteurs.

AUTOMNE 2001
PRÉSENTATION

Le comité de rédaction

   À l'occasion de son dixième anniversaire de parution, Filigrane a choisi de consacrer les deux dossiers de l'année 2001 à l'histoire de la psychanalyse au Québec: " Si l'histoire de la psychanalyse au Québec m'était contée... ". En guise de cadeau d'anniversaire, elle a voulu recoller les solitudes éparses du miroir qu'elle tend à son lectorat depuis dix ans et, le temps de deux publications, lui présenter un paysage tout autre de la psychanalyse au Québec. Le dossier du printemps dernier était consacré aux lieux de pratique de la psychanalyse au Québec. Celui du présent numéro en visite les lieux de transmission. C'est l'histoire de nos idéaux et de notre " amour des commencements 1" que les auteurs de Filigrane feront défiler sous nos yeux. Nous les en remercions.

   Dans un premier temps, Jeanne Beaudry, Josette Garon, et Jacques Vigneault dépeignent certaines institutions psychanalytiques québécoises. D'entrée de jeu, Jacques Vigneault, dans le style clair et concis qui est le sien, fixe sous nos yeux une photographie panoramique, coast to coast, de la psychanalyse au Canada. Puis, Josette Garon,nous ramène au Québec et, le temps d'une entrevue, entraîne Roger Dufresne à raconter avec verve la fondation et l'évolution de la Société psychanalytique de Montréal (SPM). Enfin, Jeanne Beaudry, dans un texte qui palpite, narre le cheminement identitaire qui a mené à la création, puis à la maturation de l'A.P.P.Q, l'Association des psychothérapeutes psychanalytiques du Québec.

   Dans un deuxième temps, Monique Brillon et André Renaud, Marie Hazan, Thérèse Nadeau, Marie-Ange Pongis-Khandjian, Steven Rosenbloom, Hélène Tessier et Hubert Van Gijseghem décrivent diverses institutions québécoises de transmission de la psychanalyse et de formation à sa pratique. Thérèse Nadeau nous donne une leçon d'histoire sur le tout premier lieu de pratique de la psychothérapie psychanalytique au Canada, le Centre d'orientation du boulevard Gouin, qui a permis à plusieurs de nos aînés de faire leurs premières armes. Hubert Van Gijseghem prend la relève en relatant une histoire de scissions : celle qui a mené à maturation le programme de formation à la psychothérapie psychanalytique du Centre de psychologie Gouin, puis celle qui a résulté de sa réflexion sur la psychanalyse contemporaine. Pour sa part, Marie-Ange Pongis-Khandjian nous amène à Québec feuilleter l'album de famille d'un autre aïeul, l'Institut de psychothérapie de Québec. Force nous est de constater qu'au Québec l'Église catholique -mais y a-t-il là de quoi nous étonner ?- s'est faite présente aux moments de fondation de la psychanalyse et de la psychothérapie psychanalytique. À la suite de Marie-Ange Pongis-Khandjian, Monique Brillon et André Renaud nous font part d'un beau moment de réflexion à propos des vicissitudes d'Étayage, un programme de formation créé dans le milieu " tricoté (trop) serré " que constitue pour semblable entreprise la ville de Québec. Hélène Tessier, quant à elle, nous ramène à Montréal et, par le truchement d'une entrevue avec Maurice Dongier, nous donne un aperçu de la formation à la pratique psychanalytique qu'offre l'Institut du Quebec English, la section anglophone québécoise de l'Institut canadien de psychanalyse. Steven Rosenbloom, lui, nous parle du programme du Argyle Institute, descendant d'un autre ancêtre, le Montreal Mental Hygiene Institute (MHI). Enfin, dans un style impressionniste, Marie Hazan témoigne de son expérience en ce lieu de transmission paradoxal qu'a constitué le séminaire de François Peraldi, ce psychanalyste qui se refusait à faire école.

   Le mot de la fin, lui, revient à Dominique Scarfone qui, résolument optimiste, dépeint Freud comme un classique pour le troisième millénaire.

Filigrane, lieu de transmission ?

   La préparation de ce dossier nous a amenés à nous questionner sur notre travail d'édition, à vouloir faire un bilan des activités de Filigrane. Si la revue fait partie du paysage québécois, est-elle pour autant un lieu de transmission de la psychanalyse ? 

   Dès la parution de son premier numéro, Filigrane annonce ses couleurs. Elle représente le volet clinique de la revue-mère Santé mentale au Québec, devenue une revue internationale de recherche psychosociale en santé mentale. D'orientation psychanalytique, Filigrane se dit ouverte aux autres approches théoriques, comme en fait foi son sous-titre " Écoutes psychothérapiques ", et s'inscrit dans la filiation de la revue Interprétation (Lecomte, 1992)2, seule revue psychanalytique à avoir alors perduré au Québec. Filigrane choisit pour mission politique de " donner au thérapeute l'espace pour dire la souffrance de son patient et théoriser sa parole blessée" (Lecomte, 1992). De ce fait, elle participe à " la lutte des autres groupes sociaux en santé mentale pour prendre la parole et rendre la société humaine" (Lecomte, 1992). La création de Filigrane a donc lieu sous le signe du métissage psychanalyse-psychiatrie, psychanalyse-psychothérapie.

   Dix années ont passé. Filigrane existe toujours, défiant les statistiques sur les revues québécoises qui situent à deux ans la moyenne de leur durée. Oui, mais encore ? Quel chemin a-t-elle parcouru depuis sa création ? Elle est devenue une revue essentiellement psychanalytique. Elle possède un site Internet répertorié et coté favorablement dans les ouvrages européens de recension des sites psychanalytiques électroniques. En dix ans, elle a publié quinze numéros où ont défilé près de deux cents auteurs en provenance de neuf pays. Le statut professionnel de ses auteurs varie du clinicien en pratique privée, de formation psychanalytique mais membre d'aucune association liée à cette approche et découvrant l'écriture à l'occasion de Filigrane, à l'auteur notoire faisant déjà école, ici ou outre-mer, en passant par les psychanalystes et psychothérapeutes, membres d'un des trois regroupements reconnus au Québec, soient la Société canadienne de psychanalyse (i.e. ses deux sections locales : la Société psychanalytique de Montréal [SPM] et le Quebec-English), l'Association des psychothérapeutes psychanalytiques du Québec (APPQ) et la Marge, originant principalement du séminaire de François Peraldi. De plus, Filigrane a établi une collaboration avec deux revues psychanalytiques européennes : Psychothérapies et Le Coq-Héron . Elle a réalisé une coédition avec cette dernière, faisant ainsi connaître certains de ses auteurs québécois en Europe francophone.

   Oui, mais de quoi parle Filigrane ? Y devise-t-on vraiment de psychanalyse? Filigrane s'est d'abord consacrée à des thèmes nettement cliniques, tels Le blues du psychothérapeute, La clinique au quotidien à la fin du XXe siècle, Vieillissement et capacité thérapeutique. Puis, elle s'est tournée vers des thèmes interdisciplinaires et s'est intéressée aux rapports entre la clinique et certaines problématiques sociétales. Toujours à l'écoute de son lectorat, Filigrane est dernièrement revenue à des thèmes cliniques reflétant certaines préoccupations actuelles. Le dernier, " Malaise dans la clinique I et II", a reçu un accueil très favorable, aussi bien en Europe qu'ici, et a donné lieu à l'organisation par la revue d'un colloque portant sur ce thème. Mentionnons en passant que les dossiers cliniques de 2002, portés par Louise Grenier en tant que rédactrice en chef invitée, seront tous deux consacrés au thème des pères et de la paternité : " Tout sur mon père... ". Ces dossiers ont déjà attiré une brochette d'auteurs fort prometteuse. Enfin, en plus de ce retour aux dossiers cliniques, Filigrane vient d'ajouter à sa table des matières une rubrique d'histoire sous la forme d'une galerie de portraits de psychanalystes québécois qu'elle a inaugurée en 2000 par des textes portant sur les œuvres de François Peraldi et de Julien Bigras. Cette rubrique se poursuit cette année avec les portraits de W. Clifford M. Scott et d'André Lussier. Annonçons tout de suite que l'an prochain, Filigrane compte contribuer à nouveau à l'histoire de la psychanalyse au Québec par des textes portant sur les carrières de Jean-Louis Langlois et de René Major.

   Filigrane doit sa résilience et son rayonnement à plusieurs personnes. À ses auteurs sans qui la revue n'existerait pas; à son inspiré directeur, Yves Lecomte, responsable de la gestion financière et de la diffusion; à sa rédactrice en chef, dont la diligence se soutient de son amour de l'écriture, Hélène Richard, responsable de la conception, de la production et des dossiers spéciaux; aux fidèles collaborateurs du comité de lecteurs externes, aux membres de son comité de gestion dont fait partie son webmaistre, René Desgroseillers. Enfin, Filigrane doit une bonne part de son dynamisme au travail assidu de son comité de rédaction, responsable du choix des thèmes des dossiers, de l'évaluation des textes, de la révision linguistique et de la correction d'épreuves. Se sont succédé dans ce comité trois générations de psychothérapeutes et de psychanalystes.3 Les membres actuels du comité, maintenant parvenu à maturité, se nomment François Daoust, Louise Grenier, secrétaire à la rédaction, André Jacques, Réal Laperrière, Jacqueline Labrèche, Denise Pronovost, Hélène Richard et Madeleine Vitré. Ils sont tous des cliniciens en pratique active qui ont appris leur métier de lecteurs " à la dure ", mais dans le plaisir et la fierté du travail bien fait, tous réunis autour d'une cause, celle de la promotion de " la clinique psychanalytique ", sans jamais que celle-ci ne fasse entre eux l'objet d'une définition arrêtée, encore moins monolithique. Car ils sont soucieux de promouvoir toute la diversité de la psychanalyse au Québec en permettant que s'expriment les différentes voies théoriques et cliniques qu'empruntent ses praticiens.

   C'est de cette réalité contemporaine d'une psychanalyse toujours en mouvement dont Filigrane se fait le porte-parole.

Le comité de rédaction

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1 En écho au beau titre du livre de J.-B. Pontalis : " L'amour des commencements "

2 Lecomte, Y., 1992,  Pour prendre la parole, Filigrane, Numéro 1, 3-8.

3 Le comité fondateur était formé de Anne-Marie Duhau, Marie Hazan, Pierre Létourneau,  Robert Pelletier et Hélène Richard. Au fil des années, sont venus mettre l'épaule à la roue pour quelque temps Simon Harel, Patrick Cady, Doris-Louise Haineault et Daniel Puskas.

 

Écoutes thérapeutiques
C.P. 548, succ. Place d'Armes
Montréal, Québec. H2Y 3H3 Canada
tél. (514) 523 0607
fax. (514) 523 0797
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